Prévention harcèlement scolaire : petits gestes

Harcèlement scolaire : ces petits gestes qui peuvent changer la dynamique d’un groupe

Il y a les grandes campagnes de sensibilisation. Les affiches dans les couloirs. Les slogans répétés dans les classes. Les journées consacrées à la lutte contre le harcèlement scolaire. Et puis, il y a ce qui se passe réellement dans la cour de récréation. Un élève que personne ne choisit.

Une place que l’on refuse de laisser. Une moquerie qui provoque quelques rires. Un message humiliant qui circule sur un groupe WhatsApp.Un enfant qui baisse les yeux pendant que les autres regardent ailleurs.C’est souvent là que tout se joue.Car les situations de harcèlement ne sont pas uniquement alimentées par les comportements de celui qui intimide. Elles sont aussi influencées par les réactions du groupe : les rires, les encouragements, les partages, mais également les silences et les regards qui se détournent.À l’inverse, un geste qui paraît minuscule peut déjà changer quelque chose : s’asseoir à côté de l’élève isolé, lui demander comment il va, ne pas relayer une photo, refuser de rire ou prévenir un adulte.Ces gestes ne règlent pas, à eux seuls, une situation de harcèlement. Mais ils peuvent rompre l’isolement, modifier la réaction du groupe et permettre aux adultes d’intervenir plus rapidement.C’est précisément le message choisi par l’Australie pour sa semaine nationale de prévention du harcèlement scolaire, organisée du 17 au 21 août 2026.Son thème : « Small Acts, Big Impact », autrement dit : « De petits gestes, un grand impact. »

« De petits gestes, un grand impact » : le thème de la campagne australienne

La Bullying No Way Week est la principale campagne australienne de prévention du harcèlement dans les établissements scolaires.Pendant une semaine, des écoles publiques, catholiques et indépendantes se mobilisent autour d’un message commun. Les familles, les structures sportives, les associations et les professionnels qui travaillent auprès des jeunes sont également invités à participer.En 2026, la campagne souhaite rappeler que nous n’avons pas toujours besoin d’accomplir un acte spectaculaire pour aider un enfant.Inclure une personne, prendre de ses nouvelles, exprimer son désaccord ou signaler une situation préoccupante peut déjà faire une réelle différence.L’objectif est de créer des environnements dans lesquels chaque jeune peut se sentir accueilli et respecté, où les différences ont leur place et où le harcèlement n’est jamais considéré comme un comportement normal.Les établissements inscrits peuvent accéder à des activités quotidiennes, à des ressources pédagogiques et à des supports destinés aux familles. La campagne aborde aussi bien le harcèlement vécu dans l’établissement que les comportements qui se prolongent sur les réseaux sociaux.

L’Australian eSafety Commissioner s’associe d’ailleurs à cette mobilisation avec des ressources sur le cyberharcèlement et la sécurité numérique.Mais ce qui me semble particulièrement intéressant dans cette campagne, c’est le changement de perspective qu’elle propose.

Elle ne se contente pas de dire aux enfants : »Soyez gentils les uns avec les autres. » Elle les aide à comprendre ce qu’ils peuvent concrètement faire.

Et cette différence est essentielle.

« Soyez gentils » ne suffit pas à prévenir le harcèlement

Nous demandons souvent aux enfants d’être respectueux, bienveillants et solidaires. Ces valeurs sont indispensables. Mais elles restent abstraites tant que nous ne les traduisons pas en comportements observables.

Que signifie être bienveillant lorsqu’un enfant est systématiquement exclu des jeux ? Que signifie être solidaire lorsqu’une photo humiliante circule dans une conversation privée ?Que signifie respecter l’autre lorsqu’une moquerie fait rire toute la classe ?Un enfant peut sincèrement penser qu’il est opposé au harcèlement et ne pas savoir comment réagir lorsqu’il y est confronté.Il peut avoir peur.Il peut craindre de devenir la prochaine cible.Il peut se demander si la situation est suffisamment grave pour en parler.Il peut aussi penser qu’il ne le connaît pas assez pour intervenir ou que les adultes ne feront rien.Ce n’est donc pas seulement une question de volonté ou de gentillesse. C’est aussi une question de compétences.Les enfants ont besoin d’apprendre :

  • à reconnaître une situation préoccupante ;
  • à repérer les signes d’isolement ;
  • à soutenir un camarade sans attirer davantage l’attention sur lui ;
  • à exprimer un désaccord sans se mettre en danger ;
  • à transmettre des faits précis à un adulte ;
  • à réagir face à un contenu humiliant en ligne.
 

Autrement dit, nous devons transformer les intentions en actions possibles.

Pourquoi les petits gestes peuvent-ils réellement changer une situation ?

Le harcèlement scolaire est un phénomène de groupe.Il ne se résume pas à une relation entre un enfant qui harcèle et un enfant qui subit. Autour d’eux, d’autres élèves observent, participent, rient, encouragent, s’éloignent, désapprouvent ou tentent d’aider.

Chacune de ces réactions envoie un message. Lorsque les moqueries déclenchent des rires, l’enfant qui les prononce peut comprendre que son comportement lui apporte de l’attention ou renforce sa place dans le groupe. Lorsque personne ne réagit, l’élève ciblé peut avoir le sentiment que tout le monde approuve ce qui lui arrive. Mais lorsqu’un témoin refuse de rire, s’approche de lui après les faits ou alerte un adulte, le message change : 

« Tout le monde n’est pas d’accord. Tu n’es pas complètement seul. Ce qui se passe peut être signalé. »

Il faut évidemment rester prudent. Un petit geste ne suffira pas nécessairement à interrompre une situation répétée et installée. En revanche, il peut :

  • réduire le sentiment d’isolement ;
  • aider l’enfant à parler ;
  • rendre la situation plus visible ;
  • empêcher la diffusion d’un contenu ;
  • diminuer les encouragements reçus par l’auteur ;
  • permettre une intervention plus rapide des adultes.

 

Le véritable impact apparaît lorsque ces comportements ne sont plus exceptionnels, mais deviennent progressivement la norme du groupe.

Quatre gestes protecteurs à apprendre aux élèves

Inclure un enfant laissé à l’écart

Un enfant qui joue seul n’est pas forcément rejeté. Certains élèves ont besoin de calme, aiment s’occuper seuls ou souhaitent simplement s’éloigner du groupe pendant quelques minutes. Ce qui doit attirer notre attention, c’est la répétition. L’enfant essaie-t-il régulièrement de rejoindre les autres sans y parvenir ? Est-il toujours le dernier choisi ? Les règles du jeu changent-elles lorsqu’il arrive ? Est-il volontairement exclu des groupes en ligne ? Inclure un enfant peut alors prendre des formes très simples :

    • lui proposer de rejoindre une activité ;
    • lui garder une place ;
    • lui adresser directement la parole ;
    • former un groupe avec lui pendant un exercice ;
    • marcher à ses côtés ;
    • refuser de participer à son exclusion.

Il ne s’agit pas d’imposer une amitié. Les enfants ont le droit de choisir leurs amis et leurs affinités.

En revanche, nous pouvons leur apprendre à faire la différence entre ne pas être ami avec quelqu’un et organiser son rejet.

Prendre de ses nouvelles

Un enfant qui subit des intimidations ne demandera pas toujours de l’aide.

Il peut avoir honte. Il peut craindre les représailles. Il peut penser que la situation empirera si quelqu’un intervient. Il peut aussi avoir déjà tenté d’en parler sans avoir été entendu.

Un témoin peut ouvrir une première porte avec quelques mots :

« J’ai vu ce qui s’est passé. Est-ce que ça va ? »

« Est-ce que cela arrive souvent ? »

« Tu veux que je reste avec toi ? »

« Si tu veux en parler à un adulte, je peux venir avec toi. »

« Ce qu’ils ont fait n’était pas normal. »

L’objectif n’est pas de mener une enquête. L’enfant témoin n’a pas à obtenir tous les détails ni à vérifier si son camarade dit la vérité.

Son rôle consiste simplement à lui montrer qu’il a vu sa difficulté et qu’une aide est possible.

Signaler une situation préoccupante

Beaucoup d’enfants refusent de parler parce qu’ils ont peur d’être considérés comme des « balances ». Nous devons donc travailler très tôt la différence entre rapporter pour faire punir et signaler pour protéger. Signaler, c’est transmettre une information à un adulte parce qu’une personne souffre, qu’elle est en danger ou que les faits risquent de se répéter. Pour que les élèves osent le faire, ils doivent savoir :

  • à quels adultes s’adresser ;
  • comment raconter ce qu’ils ont observé ;
  • s’ils peuvent être accompagnés ;
  • comment leur parole sera protégée ;
  • ce que l’adulte fera ensuite.

Nous pouvons les entraîner à décrire des faits précis :

« J’ai vu… » « Cela s’est passé à… » « C’est arrivé plusieurs fois… » « D’autres élèves étaient présents… » « Depuis, j’ai remarqué que… »

Les adultes doivent ensuite prendre le relais.

Un enfant n’a pas à enquêter, à confronter les autres élèves ou à prouver seul qu’il s’agit bien de harcèlement.

Manifester son soutien

Soutenir un camarade ne signifie pas obligatoirement s’interposer ou affronter directement celui qui l’intimide. Cette vision peut même décourager certains témoins. Tous les enfants ne se sentent pas capables de prendre publiquement position face à un élève populaire ou à un groupe. Il existe pourtant de nombreuses manières d’aider :

  • ne pas rire ;
  • ne pas applaudir ;
  • ne pas relayer une rumeur ;
  • ne pas partager une photo humiliante ;
  • se rapprocher de l’enfant ciblé ;
  • l’accompagner pour quitter la situation ;
  • lui parler après les faits ;
  • demander l’aide d’un adulte ;
  • confirmer ce que l’on a observé.

Lorsque les conditions le permettent, un témoin peut également dire : « Ce n’est pas drôle. » « On arrête. » « Laisse-le tranquille. » Mais l’intervention directe ne doit jamais être présentée comme la seule réaction courageuse. Prévenir un adulte est aussi une manière d’agir.

Rester auprès d’un camarade après les faits est aussi une manière d’agir.

Refuser de diffuser un contenu est aussi une manière d’agir.

Pourquoi certains témoins n’interviennent-ils pas ?

Face à une situation de harcèlement, nous pouvons être tentés de demander : « Pourquoi personne n’a rien fait ? » Cette question est légitime, mais elle peut rapidement devenir culpabilisante. Les témoins ne sont pas tous indifférents. Certains désapprouvent profondément ce qu’ils voient, mais se sentent incapables d’agir. Ils peuvent craindre :

  • d’être pris pour cible à leur tour ;
  • de perdre leur place dans le groupe ;
  • de se tromper sur la situation ;
  • de provoquer une aggravation ;
  • de ne pas être crus ;
  • que leur identité soit révélée ;
  • que les adultes minimisent les faits.

Plutôt que de leur reprocher leur silence, nous pouvons chercher ce qui leur aurait permis d’agir. Quels mots leur manquaient ?

Quel adulte auraient-ils pu contacter ?

Quelle réaction leur aurait semblé suffisamment sûre ? Que pensaient-ils qu’il se passerait après leur signalement ? Ces questions sont particulièrement importantes dans les actions consacrées au rôle des témoins. Elles permettent de quitter les réponses morales toutes faites pour travailler sur les obstacles réels. 

À retenir

Un élève n’a pas besoin de devenir un héros pour être un témoin protecteur. Il doit connaître plusieurs façons d’agir et pouvoir choisir celle qui ne le met pas en danger.

Un défi de cinq jours pour mobiliser les témoins

Le thème australien « De petits gestes, un grand impact » peut facilement être adapté dans une école, un collège, un centre de loisirs ou une structure sportive. Voici une proposition de défi sur cinq jours.

Jour 1 : inclure une personne

La première mission consiste à réaliser une action favorisant l’intégration d’un autre élève. Cela peut être proposer un jeu, laisser une place dans le groupe, engager une conversation ou aller vers une personne régulièrement isolée. Un temps d’échange permet ensuite d’aborder une question importante :

Comment inclure quelqu’un sans lui donner l’impression qu’on le prend en pitié ?

Jour 2 : repérer un signe d’isolement

Les élèves travaillent sur différentes situations :

  • un enfant joue seul parce qu’il en a envie ;
  • un enfant essaie de rejoindre un jeu et se fait repousser ;
  • un élève n’est jamais choisi ;
  • une personne est régulièrement retirée des groupes de discussion ;
  • les autres arrêtent de parler lorsqu’un enfant arrive.

L’objectif est de comprendre qu’un signe isolé ne permet pas toujours de conclure. C’est la répétition, l’évolution de la situation et la souffrance éventuelle de l’enfant qui doivent nous alerter.

Jour 3 : exprimer son désaccord sans se mettre en danger

Les élèves recherchent plusieurs réactions possibles face à une moquerie ou une humiliation. Ils peuvent intervenir directement, ne pas rire, détourner l’attention, rejoindre l’enfant ciblé, quitter la conversation ou prévenir un adulte. L’activité peut être conduite sous forme de jeux de rôle. Pour chaque situation, les élèves essaient plusieurs réponses et évaluent leur niveau de difficulté. Ils comprennent ainsi qu’il n’existe pas une seule bonne réaction.

Jour 4 : demander l’aide d’un adulte

Les élèves identifient les adultes ressources présents dans leur environnement. À qui peuvent-ils parler dans la classe ? Pendant la récréation ? À la cantine ? Dans le car scolaire ? Au centre de loisirs ? En dehors de l’établissement ? Ils s’entraînent ensuite à commencer leur signalement :

« J’ai besoin de vous parler d’une situation qui m’inquiète. »

« Cela fait plusieurs fois que je vois… »

« Je ne sais pas si c’est du harcèlement, mais je préfère vous en parler. »

Cette étape est fondamentale. Un enfant n’a pas à poser lui-même le diagnostic de harcèlement avant de demander de l’aide.

Jour 5 : valoriser les comportements protecteurs

La dernière journée permet de reconnaître les gestes qui améliorent la sécurité relationnelle du groupe. Il ne s’agit pas de raconter publiquement les situations vécues ni de désigner les élèves concernés. Le groupe peut simplement remercier :

  • ceux qui ont laissé une place ;
  • ceux qui n’ont pas ri ;
  • ceux qui ont demandé de l’aide ;
  • ceux qui ont pris des nouvelles ;
  • ceux qui ont refusé de transmettre une humiliation.

Peu à peu, les élèves découvrent que le courage relationnel peut lui aussi apporter de la reconnaissance.

Comment savoir si cette action a été utile ?

Une campagne réussie ne se mesure pas au nombre d’affiches accrochées dans le hall. Elle doit produire des apprentissages réels. Avant et après le défi, quelques questions anonymes peuvent être proposées aux élèves :

  • Sais-tu à qui parler si une situation t’inquiète ?
  • Connais-tu plusieurs façons d’aider un camarade ?
  • Sais-tu comment agir sans te mettre en danger ?
  • Penses-tu qu’un adulte te prendra au sérieux ?
  • Sais-tu quoi faire si une photo humiliante circule ?
  • Te sens-tu capable de reconnaître une exclusion répétée ?

Il est également possible d’observer si les élèves savent mieux nommer les adultes ressources et expliquer le circuit de signalement.

Attention toutefois à l’interprétation des résultats.

Une augmentation des signalements après une action de prévention n’est pas forcément un mauvais signe. Elle peut indiquer que les élèves identifient mieux les situations et qu’ils osent davantage demander de l’aide.

Quelle place pour cette action dans le programme pHARe ?

En France, le programme pHARe constitue le cadre national de prévention et de traitement du harcèlement dans les écoles, les collèges et les lycées.

Il repose sur cinq grands piliers :

  • éduquer pour prévenir les phénomènes de harcèlement ;
  • former une communauté protectrice autour des élèves ;
  • intervenir efficacement sur les situations ;
  • associer les parents et les partenaires de l’école ;
  • mobiliser les instances de démocratie scolaire.

Le programme prévoit également des temps consacrés à la prévention et au développement des compétences psychosociales. Dans les collèges et les lycées, des élèves ambassadeurs sont formés pour repérer les situations, soutenir les élèves et alerter les adultes.

Le défi des petits gestes protecteurs peut donc trouver naturellement sa place dans cette démarche.

Il permet de travailler :

  • le sentiment d’appartenance ;
  • l’empathie ;
  • l’affirmation de soi ;
  • le rôle des témoins ;
  • la demande d’aide ;
  • l’identification des adultes ressources ;
  • la sécurité numérique.

Mais cette action ne remplace jamais le protocole de traitement d’une situation de harcèlement.

Lorsqu’un enfant révèle des faits préoccupants, les adultes doivent recueillir sa parole, évaluer la situation, assurer sa protection et mettre en œuvre le protocole prévu dans l’établissement.

Les petits gestes appartiennent à la prévention et au soutien. Le traitement de la situation reste sous la responsabilité des adultes.

Et lorsque le harcèlement se poursuit en ligne ?

Le cyberharcèlement donne parfois aux témoins l’impression qu’ils ne participent pas directement.

Pourtant, chaque partage, chaque commentaire et chaque réaction contribue à la diffusion du contenu.

En ligne, un petit geste protecteur peut consister à :

  • ne pas aimer une publication humiliante ;
  • ne pas transférer un message ;
  • ne pas ajouter de commentaire moqueur ;
  • quitter un groupe créé pour exclure un élève ;
  • soutenir la personne en message privé ;
  • conserver les preuves ;
  • signaler le contenu ;
  • prévenir un adulte.

L’Australian eSafety Commissioner rappelle justement l’importance de renforcer les réseaux de soutien autour des enfants, dans leur vie quotidienne comme dans les espaces numériques.

En France, les élèves, les familles et les professionnels peuvent appeler le 3018 pour obtenir des conseils ou signaler une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement. Ce numéro national est gratuit, anonyme et confidentiel. Il est accessible tous les jours, de 9 heures à 23 heures.

Prévenir, c’est entraîner les enfants à agir

La campagne « Small Acts, Big Impact » ne prétend pas qu’un sourire ou une parole bienveillante suffira à mettre fin au harcèlement scolaire.

Son message est plus subtil.

Elle nous rappelle que les normes d’un groupe se construisent à travers une multitude de comportements quotidiens.

Chaque fois qu’un enfant refuse de rire, laisse une place, prend des nouvelles ou demande de l’aide, il contribue à rendre son environnement un peu plus protecteur.

Mais pour que ces gestes deviennent possibles, les adultes doivent aussi remplir leur part du contrat.

Nous devons donner aux enfants des stratégies concrètes.

Nous devons leur permettre de s’entraîner.

Nous devons identifier clairement les personnes auxquelles ils peuvent parler.

Et surtout, nous devons leur montrer que lorsqu’ils osent transmettre une information, leur parole sera entendue et suivie d’une véritable action.

Nous ne pouvons pas demander aux enfants d’avoir le courage de parler si nous ne sommes pas prêts à prendre le relais.

Questions fréquentes sur le rôle des témoins

Questions les plus fréquentes sur le rôle des témoins dans le harcèlement scolaire

Que peut faire un élève témoin de harcèlement ?

Il peut refuser de rire, ne pas relayer une humiliation, soutenir l’élève ciblé, l’accompagner vers un adulte ou signaler les faits. Il n’est pas obligé d’affronter directement l’auteur du harcèlement.

Pourquoi les témoins sont-ils importants ?

Les réactions des témoins influencent la dynamique du groupe. Les rires et les encouragements peuvent renforcer les comportements d’intimidation. Le refus de participer, le soutien et le signalement peuvent au contraire fragiliser cette dynamique.

Un enfant doit-il défendre directement un camarade ?

Non. Un enfant ne doit jamais être poussé à se mettre en danger. Il existe plusieurs façons d’aider, notamment chercher un adulte, rester auprès de l’élève ciblé ou refuser de diffuser un contenu.

Signaler une situation, est-ce rapporter ?

Signaler vise à protéger une personne ou à empêcher que les faits se répètent. Ce n’est pas chercher à faire punir quelqu’un par intérêt ou par vengeance.

Une semaine de sensibilisation suffit-elle ?

Non. Une semaine permet de lancer une réflexion et d’enseigner de premiers comportements. La prévention doit ensuite se poursuivre tout au long de l’année et s’inscrire dans une démarche globale associant les élèves, les professionnels et les familles.

Que doit faire un parent si son enfant parle de harcèlement ?

Il doit accueillir sa parole sans minimiser, noter les faits, conserver les preuves éventuelles et contacter l’établissement. Il peut rassurer son enfant avec une phrase simple :

« Tu as bien fait de m’en parler. Nous allons chercher des solutions avec toi. Tu n’auras pas à régler cela seul. »

Construire une véritable communauté protectrice

Prévenir le harcèlement scolaire, ce n’est pas seulement apprendre aux enfants à ne pas devenir auteurs.

C’est aussi leur apprendre à ne pas rester seuls face à ce qu’ils observent.

C’est leur montrer qu’ils peuvent agir de plusieurs manières, même lorsqu’ils ne se sentent pas suffisamment forts pour intervenir directement.

C’est enfin construire autour d’eux une communauté d’adultes capables de repérer, d’écouter et d’agir.

Le Centre de Formations De la Jalle accompagne les professionnels de l’éducation, de l’animation et de l’accompagnement des jeunes dans cette démarche.

Nos formations permettent notamment de travailler la dynamique du harcèlement, le rôle des témoins, les compétences psychosociales, l’assertivité, le repérage des signaux faibles et l’accueil de la parole.

Vous souhaitez former votre équipe ou mettre en place une action adaptée à votre établissement ? Contactez-nous afin de construire un programme en lien avec vos besoins, votre public et les réalités de votre terrain.

Sources

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